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15/09/2021

Le Cycle de Syffe - T.2 La peste et la vigne - Patrick K. Dewdney

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Où l'on retrouve Syffe, prisonnier des Carmides, esclave dans les mines d'Iphos.
Là, il tire vers l'adolescence dans la promiscuité et la violence de sa nouvelle condition.
Les années passent, sans qu'une once d'espoir d'échapper à l'esclavage ne se présente, réduisant à néant ses espoirs de retrouver son amie d'enfance.
Mais alors que tout semble perdu, la peste s'invite dans le camp.


ATTENTION, PARAGRAPHE DIVULGACHEUR

La peste et la vigne s'ouvre sur des années de galère, de souffrance.
Syffe nous dit l'esclavage des Mines d'Iphos, les conditions horribles de vie dans le camp, les maltraitances subies, les petites luttes de pouvoir pour améliorer sa piètre condition, les petites joies aussi.
Il revient souvent en pensées sur ce qu'il a vécu, perdu.
Il a du temps pour ruminer son passé mais aussi pour observer et réaliser que ses chances de fuite sont nulles.
Quand la peste survient, il se voit mourir au même titre que les autres esclaves. Et pourtant la vie ne quitte pas son corps.
Alors, lui qui n'a jamais abandonné l'idée de retrouver son amie d'enfance, se jette à corps perdu dans un périple à travers la montagne.

L'espoir renaît mais le voilà qui tombe entre les mains des Arces, un peuple caché de guerriers montagnards. Ces derniers voient en lui, un signe divin et épargne sa vie. Pour autant, il n'est pas question de le laisser partir. Il faudra plusieurs lunes à Syffe pour gagner la confiance du chef de la tribu Arces et retrouver sa liberté.
Il reprend la route, sur le chemin il se construit par pur hasard et avec chance, une réputation de vagabond guerrier à ne pas provoquer. Il se fait aussi de nouveaux ennemis.
Sur ses gardes, il finit par rejoindre une troupe de mercenaires éclectiques qui s'engagent dans un conflit contre les Ketoï du pays des Ronces.
Le garçon, presque homme maintenant, sait qu'il suit une voie périlleuse où il risque le tout pour le tout. Le pérégrin qu'il appelait de tous ses sens a fini par surgir de nulle part, l'invitant à nouveau à rejoindre son peuple et la Déesse qui l'appelle depuis l'enfance.
Syffe, méfiant, en quête de réponses qui ne lui sont pas données, décline à nouveau l'offre et s'enfonce en pays Ronces.
Sentant qu'il touche au but et qu'un choix sans retour s'impose, il se détourne des siens et rejoint le peuple des Feuillus où Brindille a trouvé refuge et dont le pérégrin, n'est autre que le Roi.
Mais alors que son bonheur devrait être immense, son cœur se trouve à nouveau foulé au pied.
Parallèlement à cela, un mystère est sur le point d'être résolu.

La peste et la vigne est un tome relativement sombre, obscur même par certains côtés.
Il brinquebale son lecteur, au même titre que son jeune héros par monts et par vaux, de péripéties en péripéties, dans un univers qui s'étire et s'élargit à l'infini.
On arpente de nouveaux espaces, on découvre de nouvelles peuplades, de nouveaux us, on entrevoit de nouvelles pistes, saisit les nouveaux enjeux de ce monde guère plus en paix où que Syffe aille. Syffe n'est jamais à l'abri de tomber. Pourtant il parvient à tirer l'épingle de son jeu, qu'il soit vagabond ou mercenaires, auprès de ses nouveaux compagnons.
On sent qu'il gagne un statut, qu'il se dégage de lui une certaine aura, de celle qui protège.

Le fantastique qui virevoltait autour du personnage dans le tome 1 devient carrément prégnant dans ce tome et notamment dans la dernière partie. C'est clairement étrange. Mystique même. Terrible et surprenant quand on fini par comprendre ce qu'il implique.
La fin telle qu'elle se déroule se joue avec urgence et précipitation, dans l'impulsion du moment. Elle entraîne une cascade d'actes chaotiques et comprend-on aux affreuses conséquences.
C'est alors qu'on perçoit les non-dits, la possible manipulation. A nouveau, mais pourquoi? Il me semble que tout n'est pas révélé.
Et une part de moi ne veut pas croire que l'on s'est encore joué de Syffe. La suite me dira ce qu'il en est. En attendant, Syffe, tout affolé que tu es, il faut filer.

La peste et la vigne est une bonne suite, elle continue de nous entraîner sur les pas d'un Syffe adolescent, plus impulsif que sage même s'il garde en lui les préceptes Var.
Il est plaisant de l'avoir retrouvé, de l'avoir accompagné sur les chemins, d'être allé avec lui à la rencontre des Arces, des Feuillus et de ses nouveaux compagnons d'arme. En somme d'avoir continué de grandir avec lui.
J'ai apprécié la voie des montagnes, la solitude pesante, l'incertitude du chemin, mesurer la tension sur la route et dans la conquête de cette nouvelle terre.
Je me suis attachée à d'autres personnages aussi, ai souhaité que la mort les épargne, désiré qu'elle en saisisse d'autres. J'ai été séduite par le roi des Ormes, mystérieux et charismatique.
Indéniablement, j'ai senti l'attention portée par l'auteur à ce qu'il a construit, au développement de son univers, de son héros, des personnages secondaires. Cela fourmille toujours autant de détails.
Le récit est agréablement rythmé, avec quelques rebondissements. Certains que l'on pressent, d'autres qui font tomber de haut. La fin secoue, interpelle, marque ce qui semble être une vraie rupture avec ce qui orientait la vie de Syffe jusque-là.

Un tome dans la droite lignée de L'enfant de poussière, entraînant, vif, rugueux et périlleux. L'aura de mystère s'est en partie levée, mais il reste certainement encore beaucoup à découvrir tant l'univers semble vaste, tant le destin de Syffe ne semble pas encore entièrement fixé. Que te réserve donc l'avenir Syffe? (réponse dans le tome 3, en cours de lecture)

"Nous nous tordons tous pour grandir, Syffe. Nous serpentons en surface pour que nos racines puissent s'ancrer en profondeur, et c'est ainsi qu'elles en arrivent à forer la pierre."

"Je savais qu’il me faudrait tôt ou tard accepter de prendre la mesure de tout ce qui ne reviendrait pas. Mes souvenirs d’enfance, que j’avais étreints à bras le corps durant ma captivité, s’étaient cristallisés au point d’en devenir fragiles. Il me semble que j’avais mieux su me préserver de la contagion du néant que la plupart, sans doute parce que j’avais eu la chance de connaître d’autres vies et d’avoir accès aux mots, au combustible intellectuel pour y résister."

"J’étais incapable de me saisir des contours du point de rupture qui arrivait et je me demandais si l’issue m’appartenait encore."

 

Merci encore une fois aux Editions Folio .

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