05/01/2020
Champion - Maria Pourchet
A mots découverts
Avoir 15 ans et être coincé dans un Centre de repos psy, c'est la vie que n'a pas vraiment choisi de mener Fabien.
Quelque chose s'est passé qui l'a conduit
Et les pages des carnets qu'il noircit pour sa psychiatre sont là pour nous y mener.
Qui ne s'est jamais adonné dans son adolescence à coucher sur un cahier son âme d'ado à fleur de peau.
Fonction cathartique de l'écriture.
Méthode mise en place par la psy de Fabien, que le lecteur ne rencontrera jamais sinon qu'à travers les interpellations du gosse à son encontre. Le deal, écrire sans rétention aucune, ce qui l'a amené là, retrouver la liberté à cette seule condition.
Fabien se prête au jeu de la confidence, de la vérité vraie jure-t-il. Flashback sur l'année antérieure à l'internement.
Il nous livre Champion, son loup intérieur, son protecteur, son ami irréel. Le sauvage, l'enragé, celui prêt à mordre, à tout casser, l'impulsif c'est lui, pas Fabien qu'il nous dit.
Ce qui interpelle malgré tout. Est-ce ce qui l'a conduit dans ce centre?
Le lecteur chemine alors à travers les souvenirs de Fabien. Il y a le pensionnat du collège de Notre-Dame, ce qu'il se passe à l'intérieur, ceux qui le composent. Et il y a le reste, l'extérieur, qui le ramène à sa famille, dont on saisit par bribes qu'elle est partie du problème.
En quoi? Ça, on ne le saisit qu'après moult couches et surcouches de mots, empilés les uns derrière les autres. Des mots qui appellent à être creusés, fouillés au-delà de ce qu'ils veulent bien laisser entendre.
Des mots crus et piquants, parfois amusants, souvent tristes. Parce que sous la fanfaronnade se cache la douleur, profonde et mortelle.
C'est une chouette rencontre que celle de ce personnage.
Un regard acéré sur les gens qui vous fera peut-être vous souvenir de ce gamin à-vif et farouche auprès de qui vous cheminiez et qui avait ce regard-là, foudroyant et intelligent. Elle parlera peut-être à votre ancien moi ou pas, allez savoir. C'est une chouette rencontre en tout cas.
Et peut-être que même sans ça, le roman saura vous toucher pour ce qu'il dit du déni, du deuil, de la culpabilité, de la résilience enfin.
"Les vrais tarés ne déconnent jamais, vous devez le savoir."
"C’est important de savoir manger de la merde, ça endurcit son homme."
"On est obligés de pardonner aux simples d’esprit, c’est écrit."
Livre lu dans le cadre d'un partenariat Folio
17:50 Publié dans Bang | Tags : champion, maria pourchet, adolescence, psychiatrie, déni, deuil, écriture cathartique, résilience | Lien permanent | Commentaires (9)
Commentaires
Écrit par : Lupa | 05/01/2020
Écrit par : itenarasa | 05/01/2020
Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | 06/01/2020
(vais devoir aller fouiller sur ton blog, voir si tu as écrit un avis)
Écrit par : itenarasa | 06/01/2020
Écrit par : itenarasa | 06/01/2020
Écrit par : Karine | 08/01/2020
Ici ça fait sens
C'est une chouette histoire
Écrit par : ite | 26/01/2020
Écrit par : Tigger Lilly | 13/01/2020
Écrit par : ite | 26/01/2020
Les commentaires sont fermés.