Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/03/2014

Le chien qui louche - Etienne Davodeau

le chien qui louche,Davodeau,Louvre,droits d'entrée,qu'est ce qu'une oeuvre d'art,ce qu'il faut pas faire ou la belle famille et la personne qu'on aime, en avoir ou pas...Droits d'entrée...

Fabien est gardien au Musée du Louvre et il aime Mathilde. Mathilde l'emmène à la campagne pour le présenter officiellement aux siens. Jusque-là on peut dire que tout va bien. Sauf que dans l'équation, il y a un tableau : Le chien qui louche. Les Benion, pères et fils, se disent que Fabien pourrait bien faire entrer cette œuvre de leur aïeul au Louvre puisqu'il y a ses entrées. Voilà notre gardien face à un sacré challenge car il est hors de question de décevoir la belle famille.


le chien qui louche,Davodeau,Louvre,droits d'entrée,qu'est ce qu'une oeuvre d'art,ce qu'il faut pas faire ou la belle famille et la personne qu'on aime, en avoir ou pas...Dans cette bande dessinée Davodeau prend le contre pied du sérieux pour traiter la question de ce qui fait qu'une œuvre est une œuvre d'Art. Sur quels critères se fonde-t-on pour dire que telle ou telle œuvre est digne de figurer dans un musée? That is the question...

Pour illustrer son propos, il dresse un scénario burlesque : celui d'un employé du Louvre piégé par sa belle famille et qui n'a d'autre choix pour être admis dans la famille que de faire plus que son possible pour que l'unique tableau peint par l'aïeul, peintre amateur, trône lui aussi dans le célèbre musée.

La peinture des Benion, famille d'entrepreneurs Angevin, est "gentiment" caricaturale. Des provinciaux fiers de leur entreprise de meuble et de leur nom. Des bons vivants, taquins ou bien lourds selon le côté où on se place. Le parisien, Fabien en prend pour son grade, mais y a pas de mal. Qui aime bien châtie bien, paraît-il.
Le couple Fabien-Mathilde est dans l'air du temps : chacun chez soi. Mathilde semble être une femme de caractère, indépendante, qui a pris ses distances par rapport à sa famille. Fabien incarne un peu l'amoureux transi. Il aime son travail, il en est fier d'ailleurs, faut pas le titiller sur le sujet. Il m'a semblé un peu frileux par moment, trop réservé. J'avais envie de le voir tenir tête aux frangins de sa dulcinée mais lui, non, il a botté en touche pour ne pas déplaire. Je me suis dit que pour le coup, il aurait pu avoir un peu plus confiance dans les sentiments de Mathilde ; ne pas avoir peur de se mettre à dos la belle famille en leur expliquant qu'il n'avait pas le pouvoir de faire figurer Le chien qui louche au Louvre.
C'est là, que Davodeau fait entrer en scène ce groupuscule d'individus formant La République du Louvre. Des personnes, hommes ou femmes ayant tous un lien particulier avec le musée. Un lien parfois "très spécial" et surprenant qui a parfois plus à voir avec le lieu que les œuvres qui y sont. Bref, aussi loufoques soient-ils, ces gens vont agir en secret et aider Fabien à répondre aux attentes des Benion.

Au-delà de pousser le lecteur à réfléchir sur cette fameuse question de l'Art et des critères d'entrée, Davodeau "dénonce" aussi ces visiteurs qui filent à toute vitesse vers la Joconde, privilégiant en gros les œuvres majeures ; celles mises sur le devant de la scène (par la place qu'elles prennent, la manière dont elles sont agencées et mises en valeur) et qui en font oublier d'autres plus discrètes mais pas moins belles. J'ai trouvé que la BD Le chien qui louche nous faisait aussi porter un regard différent sur les gardiens de musée : des personnes apparemment passionnées par leur métier, développant parfois une vraie expertise artistique (ce n'est apparemment pas le cas de Fabien), complices.
L'auteur nous fournit en bonus toute une explication sur le rôle des conservateurs de musées, sur justement la manière dont les œuvres sont sélectionnées pour faire leur entrée au Musée du Louvre. Intéressant tout ça.

Une bande dessinée sympathique. Le dessin en noir et blanc et le trait de crayon de Davodeau sont plaisants. Cela manquait peut-être un peu de chaleur à cause de l'absence de couleurs. Ceci dit, cela a été compensé par le côté chaleureux de certains personnages.

Je remercie Priceminister qui par son opération La BD fait son festival 2014 m'a permis de découvrir Etienne Davodeau et cet intéressant one shot.

Ma note : 15/20

ban_op.png

Commentaires

Pas lu, et les critiques que j'en entends sont mitigées, alors du coup je ne sais pas trop. Tu as l'air d'avoir aimé, ça me fera peut-être sauter le pas !

Écrit par : DoloresH | 28/03/2014

Répondre à ce commentaire

Des avis vraiment différents sur cette BD. Il va falloir que je me fasse mon avis.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | 28/03/2014

Répondre à ce commentaire

DoH, Alex : j'ai vu effectivement que les avis étaient bien mitigés. Certains ont vraiment aimé quand d'autres l'ont trouvé dénué de tout intérêt. Je suis entre les deux. Pas un enthousiasme débordant mais quand même intéressant. Le dessin n'est pas désagréable en soi. La réflexion est là quand même.
A l'occasion faites vous une idée, ça se lit vite :)

Écrit par : c'era una volta | 02/04/2014

Répondre à ce commentaire

J'avais eu un coup de coeur pour Les ignorants de Etienne Davodeau. J'ai hâte de découvrir sa nouvelle lecture.

Écrit par : bea285 | 02/04/2014

Répondre à ce commentaire

bonjour bea, j'ai vu plusieurs fois ce titre Les ignorants en librairie. Je l'ai lorgné mais jamais acheté. J'ai vu qu'il avait eu de bons échos. Si jamais il est en bibli je l'emprunterai histoire de me faire ma propre idée. En tout cas le coup de crayon de Davodeau me plaît bien.

Écrit par : C'era una volta | 16/04/2014

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire