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14/03/2016

L'amie prodigieuse (enfance, adolescence) - Elena Ferrante

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Fin des années 50, un quartier de Naples où deux petites filles, Lena et Lila se lient d'une profonde amitié. Amitié placée sous le signe de la fascination et de la concurrence. De la compétition scolaire à la compétition amoureuse, de l'enfance à l'adolescence jusqu'aux portes de l'âge adulte, nous suivons ces deux demoiselles et leur entourage. Leur histoire se mêle à celle d'un quartier miséreux, tout en nuances, tout en mouvance.


Je découvre une auteure italienne à l'écriture hyper séduisante et d'une grande qualité. De cette qualité qui fait résonner fort le contenu de ce roman.

Lena, la narratrice est depuis l'enfance dans l'ombre de sa camarade Lila.
Lila l'insoumise, Lila la surdouée, Lila l'indépendante effrontée. Lena, la timide, l'enfant sage est subjuguée, effrayée mais conquise. Alors tout ce qu'elle fait et fera sera commandé par le désir de plaire et impressionner son amie, jusqu'à sa réussite scolaire qui n'effacera que tardivement l'intelligence supérieure de Lila.
Lila, qui a toujours appris sans effort particulier, naturellement. L'italien, le latin, le grec, les maths. Mais, Lila ne poursuivra pas ses études, son père, cordonnier, ne le veut pas. Elle se résoudra à travailler sur un projet de chaussures familiales avec son frère...
Lena, elle, bénéficiera de l'appui et des encouragements de sa maîtresse d'école. Studieuse, elle s'accomplira par les études et y trouvera, bien que lorgnant toujours un peu du côté de son amie, son autonomie et son individualité.

Viendra à l'adolescence, le temps des garçons et la ronde des courtisans. Lena, formée avant, pensera prendre le pas sur son amie, sèche et filiforme. Mais là encore, Lila saura par son étonnante beauté, s'attacher le cœur des jeunes hommes du quartier pendant que Lena soupirera après un garçon "intouchable". L'histoire se conclura par un mariage qui laisse entrevoir une suite "inquiétante" et assurément tout aussi passionnante.

Ce qu'il y a de plaisant dans cette histoire, c'est qu'au-delà de cette amitié entre ces gamines, au-delà de la complexité de leurs liens, tout le récit baigne dans le microcosme de ce quartier pauvre, avec ces familles et ces gens hauts en couleurs. Autant dire que ce n'est pas tendre. La violence, comme l'amour, s'expriment aux fenêtres, sur le pas des portes et dans la rue. Les querelles et haines des uns deviennent les querelles et haines des autres. Les amitiés et amours aussi. Tout fluctue même si certaines choses sont dans les faits immuables. C'est vivant et passionnant. On croirait en être.

"Il se passait chaque jour plein de choses, tant à la maison que dehors, mais je ne me rappelle pas avoir pensé que notre vie fût particulièrement laide. La vie était ainsi et basta. On grandissait avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant qu'ils ne nous la rendent difficile à nous. Certes, j'aurais aimé les manières aimables que prêchaient la maîtresse et le curé, mais je sentais que de telles façons n'allaient pas avec notre quartier, même si j'étais une fille."

"Elle dit en dialecte : "Tu perds encore ton temps avec ça, Lenù ? En ce moment nous volons sur une boule de feu. La partie qui s'est refroidie flotte sur la lave. Sur cette partie, nous construisons les immeubles, les ponts et les rues. De temps en temps la lave sort du Vésuve ou provoque un tremblement de terre qui détruit tout. Partout il y a des microbes que nous rendent malades et nous font mourir. Il y a les guerres. Il y a partout une misère qui nous rend tous mauvais. A chaque instant il peut arriver quelque chose qui te fera souffrir au point que tu n'auras plus jamais assez de larmes. Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Un cours de théologie où tu t'efforces de comprendre ce qu'est l'Esprit Saint ? Laisse tomber, c'est le Diable qui a inventé le monde, pas le Père, le Fils et le Saint-Esprit."

"Les femmes se battaient entre elles encore plus que les hommes, elles s'agrippaient par les cheveux et se faisaient mal. Se faire mal, c'était une maladie. Quand j'étais petite, j'avais imaginé que des bêtes minuscules, presque invisibles, venaient la nuit dans notre quartier : elles sortaient des étangs, des wagons désaffectés de l'autre côté du terre-plein et des herbes nauséabondes qu'on appelait des fetienti, elles sortaient des grenouilles, salamandres et mouches, des pierres et de la poussière, et elles pénétraient l'eau, la nourriture et l'air, rendant nos mères et nos grand-mères aussi enragées que des chiennes assoiffées."

"-C'est pourtant bien, murmurai-je, de discuter avec les autres
-Oui, mais seulement si tu parles à quelqu’un capable de te répondre."

Merci aux Éditions Folio pour ce partenariat, une auteure et une histoire immanquable.

Commentaires

Je ne sais pas... je vois ce titre en tête de gondole ... Je verrai bien. Merci pour ton billet.

Écrit par : stellade | 15/03/2016

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Dis donc tu fais dans les livres "tendre" en ce moment! ;-)

Écrit par : Mariejuliet | 16/03/2016

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Une plongée dans l'enfance et l'adolescence ?

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | 16/03/2016

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Il me tente beaucoup :)

Écrit par : Léa Touch Book | 21/03/2016

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Ah Napoli !!! Voilà encore une ville de caractère que j'aimerais tant découvrir... La voir dépeinte dans les années 50 grâce à ce duo de fillettes me plairait bien tiens ! D'autant qu'elle est vraiment particulière vu sa proximité avec ce beau volcan qui sommeille...
Les extraits sonnent juste, à l'image du roman apparemment, et de ce beau billet, porteur d'un joli moment de dépaysement, merci :)

Écrit par : Lupa | 23/03/2016

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Un livre qui semble serein et met en évidence les bienfaits de l'amitié ! je crois que j'aimerai ! ;)

Écrit par : Licorne | 06/04/2016

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@Stellade : de rien :) (les gondoles c'est à Venise... :p oh allez elle était facile à faire ^^ )

@Mariejuliet : Comme la vie MJ, pas toujours tendre et ça doit être pour ça que j'aime ce genre de romans ^^

@Alex : pour commencer oui, l'immersion est là...

@Léa : j'aimerais avoir ton avis sur ce titre tiens! Reviens me dire quand tu auras publié ton avis que je ne le loupe pas!

@Lupa : Cela devrait te plaire miss, toi qui aime tant l'Italie. Un sacré duo et une relation toute particulière. Tu verras :)

@Licorne : Je ne sais pas si "serein" est le mot juste ici Lili parce que cette amitié n'est pas ce qu'il y a de plus apaisé et apaisant malgré sa force. Les bienfaits sont ambivalents eux aussi :) Mais il faut le lire en entier pour comprendre et ressentir tout ça. Possible qu'il te plaise oui.

Écrit par : c'era una volta | 11/04/2016

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Hello, je ne connaissais pas du tout mais je pense que ça me plairait bien, en plus j'adore l'Italie^^

Écrit par : Serena | 05/05/2016

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Hello Serena : merci d'être passée par ici :) Je ne sais pas si tu connais Naples mais cette histoire plonge bien le lecteur dans la vie de cette ville et notamment de ce quartier populaire. Lire c'est aussi voyager n'est ce pas? :)

Écrit par : c'era una volta | 16/05/2016

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