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26/11/2017

Vestiges, QuanTika 1 - Laurence Suhner

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Système AltaMira, l'exoplanète Gemma a été colonisée en 2139 par les terriens. Presque 200 ans plus tard, Ambre Pasquier, exobiologiste de renom, est chargée pour le compte de la Cosmotek, de mener une expédition d'investigations archéologiques sur un site abritant de mystérieux vestiges.
Haziel Delaurier, géophysicien canadien, membre d'une petite équipe de scientifiques de la Base Tétra, infiltre la team Pasquier afin de recueillir des données, mais aussi d'alerter la scientifique sur d'étranges distorsions spatio-temporelles qui sèment la mort sur le glacier.
Enfoui sous la glace le mystère des vestiges aliens ne demande qu'à être percé. Pourra-t-il révéler le secret du Grand Arc, cet Artefact reptilien, sorte de vaisseau fantôme en orbite de Gemma? Saura-t-on enfin pourquoi les Bâtisseurs ont abandonné la planète de glace?


Dès les premières pages, le lecteur sait qu'il aura affaire à une histoire qui mêlera les genres et les univers.
Le récit commence par s'ouvrir sur un monde étrange, une civilisation inconnue, en un lieu indéterminé dont Tékélam sera le catalyseur. L'histoire du personnage sera latente à l'histoire principale, celle d'un monde futuriste où des terriens sont venus coloniser une exoplanète aux températures glaciaires, hostile par bien des aspects, extrêmement mystérieuse par d'autres.

D'emblée, il y a cette menace émanent du point de Collapsus auquel Haziel Delaurier a été confronté et qui a tué un certain nombre de techniciens sur les sites de prospection de Gemma. Certains aimeraient bien laissé croire à la population que c'est l'affaire des indépendantistes, autrement nommés enfants de Gemma, mais notre géophysicien et les scientifiques de la base Tétra sont convaincus qu'il s'agit de quelque chose de bien plus dangereux que ces écolos utopistes natifs de la planète. Aussi lorsqu'ils ont vent qu'une expédition scientifique va être menée sur un versant du glacier pour mettre à jour des vestiges archéologiques, Haziel décide d'infiltrer l'équipe de la Mission Archéa.
Rapidement, le véritable but de la Cosmotek quant à cette expédition sera révélé par l'exobiologiste Ambre Pasquier à ses coéquipiers. A la clé, une grosse prime, mais une fois la mission acceptée, clause de confidentialité et nul retour en arrière possible. Si le voile est en partie levé, la doctoresse aux origines indiennes, tait le véritable mobile qui l'a guidée jusqu'à ces vestiges. Un mobile tout à fait personnel et inquiétant. Quelque chose est là qui l'appelle à lui depuis longtemps, qui a peut-être à voir avec une partie de son passé enfoui, quelque chose qui en tout cas est effrayant et la hante nuit après nuit.
Vous l'aurez compris l'ambiance du roman est lourde de non-dits, de menaces qui planent sur la planète et nos protagonistes. La sérénité n'est donc pas réellement de mise chez nos scientifiques, qui même s'ils ont hâte de percer les secrets de la glace ne restent pas moins prudents et méfiants. Et parce qu'eux ne sont pas sereins, le lecteur ne l'est pas non plus. Un véritable suspens se met en place qui tient le lecteur en haleine.
Le sentiment qu'une boîte de Pandore va être ouverte se fait prégnant et affole le tensiomètre.

Dans la deuxième partie du roman, l'ingérence de la milice, sous le commandement du Colonel Taurok, ne viendra qu'amplifier la tension du récit. Elle marquera d'ailleurs une véritable accélération du rythme et précipitera les évènements. De manière assez bienvenue par ailleurs. Non qu'il ne se passe rien dans la première partie, mais la narration est plus posée (pour ne pas dire lente). Accélération disais-je, mais toujours contrôlée et maîtrisée dans les moindres détails par l'autrice. Du côté des scientifiques et militaires par contre, le self-control commencent à bien faire défaut, c'est la panique à bord d'où le sentiment à la fin d'être emportée dans un tourbillon psychédélique à tendance mystique. Une fin par ailleurs ouverte, intrigante et appelant à lire rapidement la suite!

Et Tékélam dans tout ça me direz vous? Il n'est pas loin, intrinsèquement lié à Gemma et à ce que renferment les vestiges. Son histoire se raconte par bribes, elle se révèle tout aussi inquiétante que le reste. Pleine de la violence de son initiation à l'âge adulte, des croyances de son peuple, les Timkhâns, dont on ne sait trop d'ailleurs, s'il est l'unique survivant. Peut-être l'unique témoin des Bâtisseurs et d'une vie alien dans l'Univers. Une grande part de mystère continue de l'entourer suite à sa sortie de stase. Je me suis surprise à attendre après lui sur Gemma, à m'inquiéter de son sort, à ne pas voir en lui un ennemi. Mais qui sait si j'ai raison d'avoir éprouvé plus d'empathie pour lui que pour certains humains.

Sachez aussi que les protagonistes de Vestiges ne se limitent pas aux scientifiques de la mission Archéa et aux miliciens. Le monde de Gemma appartient aussi à ses enfants, d'où la présence d'un groupuscule de rebelles. Des natifs, descendants des colons, qui souhaitent préserver leur planète des extracteurs et fonder une nouvelle nation, libérée de la milice et de la Fédération.
Kya, la fille du professeur Stanford, directeur scientifique de la Base Tétra pour laquelle Haziel travaille, a d'ailleurs rejoint les indépendantistes et devra faire ses preuves au sein de l'organisation. Elle vivra une expérience particulière au cours d'une mission visant à l'intégrer définitivement aux Enfants de Gemma.

Vestiges, c'est ce qu'on appelle un planet-opera, un roman de science-fiction pure, à la limite de la hard-sf tant le jargon scientifique y est florissant (presque parfois exagéré mais sans aucun doute nécessaire). On y parle physique quantique certes, mais aussi biologie et accessoirement génétique, archéologie, géologie et enfin cryptologie. Et ce n'est aucunement indigeste, c'est même, malgré le fait que je n'y pane pas grand chose dans la plupart de ces trucs, passionnant. Si le propos scientifique est bien là, le récit est quant à lui mâtiné de fantastique, contrebalancé par un certain mysticisme et en tout cas, empreint d'humanisme. Oui, Vestiges c'est une aventure avant tout humaine qui soulève des questions d'ordre scientifique mais aussi philosophique, notamment quant à la place de l'humain dans l'univers.

L'univers de Laurence Suhner est totalement crédible, captivant. La suite ne demande qu'à être lue tant il reste de mystères à éclaircir.

"Qui suis-je?
De la nuit, je suis né.
Le mystère, j'incarne.
Immense.
Étrange.
Silencieux.
Tortueux.
Je suis un vaisseau fantôme.
Aux humains je me refuse.
Aux enfants je fais peur.
De l'espace je vous nargue.
Je regarde Gemma.
Et Gemma me regarde.
On me nomme le Grand Arc.
Mais un arc suis-je vraiment?
Personne ne le sait.
On me nomme le Grand Arc
Et je suis le Mystère."

"Je ne comprends pas ce qui m’arrive…
Je suis exactement à l’endroit qui m’est destiné.
Et pourtant j’ai peur. Et ma peur croît chaque jour un peu plus"

"En fin de compte, l'émergence de l’intelligence se résumait-elle à l'adoption de la station debout, et cela dans n'importe quel patelin de l'Univers? Bipédie et conscience de soi se révélaient-elles indissociables?"

Merci aux Éditions Folio!

 

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Commentaires

Je ne connaissais pas du tout !

Écrit par : Zina | 29/11/2017

Répondre à ce commentaire

Et pourtant le grand format est sorti il y a déjà quelques temps et certains des copinautes de LA (MJ, Blackwolf, etc ont publié de bonnes chroniques du titre avant moi). Ceci dit, avant la sortie poche de chez Folio, je n'en avais pas non plus entendu parler ^^
Bon ben me voilà bien contente de te faire découvrir quelque chose, pour une fois :p

Écrit par : c'era una volta | 29/11/2017

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