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01/10/2020

Vongozero - Yana Vagner

vongozero,yana vagner,épidémie,virus,russie,road trip,fuite,visionnaire,sur la route toute la saine journée,dystopie thrillesqueEt la caravane passe

Moscou, les nouvelles ne sont pas rassurantes, une épidémie sans nom s'étend répandant la mort sur son passage. Dans la proche banlieue moscovite, les gens se croient encore à l'abri... Jusqu'à ce que la menace arrive à leurs portes.
Plus effrayants encore que l'épidémie, les pillards poussent Anna, sa famille et leurs voisins à suivre Boris au bout de la Russie. Un périple de tous les dangers vers Vongozero, une île à la frontière finlandaise.


2015, c'est l'année où j'ai acquis ce roman sorti en 2011. C'était aux Quais du polar. On dit qu'il y a un temps adéquat pour chaque roman, il faut croire qu'il aura fallu une pandémie mondiale pour que je sois dans le bon mood pour me lancer dans cette lecture.

Et je dois dire que c'est assez dingue de trouver relaté par la narratrice (et donc par l'autrice), les symptômes d'une maladie virale, les prémices angoissants d'une épidémie qui nous frappe aujourd'hui au niveau mondial. De là à y voir un petit côté roman d'anticipation ou carrément visionnaire, il y a un pas que je franchis volontiers.
C'est sans doute ce qui fait que ce roman m'a accrochée dès les premières pages. Le fait de pouvoir d'une certaine manière me projeter dans ce que ressentaient les protagonistes.

Anna, la narratrice, vit donc avec son fils ado et Sergueï dans la banlieue chiche de Moscou. Lorsque les nouvelles font état d'une situation qui se dégrade de plus en plus à Moscou, que la ville est confinée, elle veut à tout prix en faire sortir sa mère. Sauf que l'on sait dès les premières pages, qu'il est déjà trop tard pour cette dernière, comme il est trop tard pour les moscovites.
Puis débarque soudainement Boris, son beau-père, un homme un peu rustre et imbibé certes, mais de ceux qui ne s'en laissent pas compter, pas attentiste pour un sou. Lui, il est là pour sauver son fils et sa famille, embarquer tout le monde dans sa cabane à l'extrême nord du pays, en Carélie.
Douze heures pour se préparer, faire le max de pleins et fuir la mort et la violence qui commence à courir les rues.
Leurs voisins les plus proches, agressés, effrayés finiront par être du voyage, de même que l'ex et le fils de Sergueï. N'en déplaise à Anna.

Le lecteur, à l'instar des personnages, vit chaque kilomètres parcourus comme une victoire, la peur au ventre tout de même. Tout est danger. Jusqu'au silence.
Peur de la route, peur du virus, peur des inconnus, de l'inconnu et même de ceux que l'on connaît.
Peur de l'hiver qui a eu la bonne idée de s'inviter, instillant en vous un froid que rien ne peut réchauffer, posant là, une ambiance encore plus glaciale.
Peur de manquer de ce carburant précieux, vital dont il faudra saisir toute occasion pour s'en procurer.
Comprendre que dans la fuite, ce que l'on possède, aussi sommaire soit-il est une richesse et une chance de survie pour celui qui a encore moins. Jeu de la survie coûte que coûte. Jusqu'à tuer pour protéger ou se protéger.
Se dire que la garantie d'arriver au bout n'est pas certaine, que la mort rôde à chaque coin de rues, routes, villages traversés à toute berzingue. Se sentir perdu dans le tourbillon infernal des questionnements intérieurs, dans l'immensité de ce pays parcouru.
Angoisse poussée à son paroxysme.

J'ai adoré et craint cette fuite en avant, j'aurais voulu qu'ils arrivent plus vite et contradictoirement, que ça dure plus longtemps.
Bien sûr, il y a eu des moments où j'en aurais bien secoué quelques-uns, voire claqués. Les sortir de leur inertie ou de leur égocentrisme.
Lire l'humain dans ce qu'il a de pire et aussi, quelque fois, de meilleur.

J'ai apprécié le rythme parce que malgré le sentiment d'urgence, le récit n'est pas précipité. C'est nerveux, tendu juste comme il faut (en tout cas, comme je l'apprécie). Et puis cette acuité parfois du regard sur la situation, sur ce monde parti en vrille, sur les siens et les autres.
Un road trip psychologique finement construit, qui n'aura pas manqué de me transporter sur la route et de me faire vivre de bonnes sensations.
Bref, un trip qui prend aux tripes.


"Ils disent que c’est partout la même chose. Au Japon, sept cent mille malades, les Chinois, n’ont pas donné de chiffres, les Australiens et les Anglais ont bouclé leurs frontières, mais ça n’a servi à rien – a priori, ces mesures ont été prises trop tard ; plus aucun avion nulle part. New York, Los Angeles, Chicago, Houston : toutes les grandes villes américaines sont en quarantaine, et l’Europe est dans la même m..de – je vous la fais courte, là. D’après ce qu’ils racontent, un fonds international a été créé et on travaille à l’élaboration d’un vaccin, mais ils précisent aussi qu’il n’y aura rien de disponible avant deux mois."

"Si l'on a décrété un jour qu'il valait mieux vivre à deux pas de la porte et de la fenêtre de son voisin, c'est parce qu'on s'est imaginé que la vie serait plus sûre ainsi, en oubliant que n'importe quelle connaissance peut se transformer en un ennemi farouche pour peu que l'on possède quelque chose dont elle a réellement besoin."

"Si on avait posé un diagnostic correct dès le début, on aurait pu isoler les patients de façon vraiment efficace ; le problème, comme toujours, c'est qu'ils ont tous minimisé la gravité de la situation afin d'éviter la panique, et ensuite il était trop tard."

 

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Et je valide le point 9 - Europe Orientale et Russie
Challenge de Un papillon dans la lune

Commentaires

C'est une chouette lecture, grosse tension.
"Bref, un trip qui prend aux tripes." huhu, GG !

Écrit par : Tigger Lilly | 01/10/2020

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Je crois que j'aime vraiment les romans ambiance fin du monde, en pleine apocalypse ou post-apo. Il faut vraiment que je me dégotte une liste de titres à lire parce que c'est de ça que j'ai envie depuis quelques temps.

(j'avoue, je me suis dépassée :p :p :p)

Écrit par : Ite | 01/10/2020

Tu devrais trouver ton bonheur, il en existe un paquet !

Écrit par : Tigger Lilly | 02/10/2020

Need recommandations :(

Écrit par : ite | 02/10/2020

"Au Nord du monde" de Marcel Theroux ? (si tu ne l'as pas déjà lu)
Et j'ai presque envie de dire "L'Oiseau d'Amérique" de Walter Tevis, parce que ça n'est peut-être pas un post-apo au sens classique mais ça en a des accents - et que c'est un de mes livres incontournables toutes périodes confondues, donc j'aime à le replacer, huhu.

(c'est moi qui essaye de donner des idées post-apo, on aura tout vu. >.

Écrit par : Baroona | 04/10/2020

Merci Baroona pour ces suggestions. Très bonne intervention de ta part, je l'apprécie à sa juste valeur et te remercie de l'effort :p

Écrit par : ite | 04/10/2020

Une maison d'édition que j'aime beaucoup. Ce titre a l'air intéressant, je note.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | 02/10/2020

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Oui pour la Maison d'édition et Oui pour ce roman :)

Écrit par : ite | 02/10/2020

Bah oui, évidemment, il n'y avait pas assez d'épidémie comme ça, mieux vaut aussi en lire. Brrr ! =P
Tu en parles tout de même très bien, je me suis fait prendre et j'ai fini par oublier mon à priori négatif. Bon, il reste de la marge pour que je me lance réellement, mais tu as instillé le doute.

Écrit par : Baroona | 02/10/2020

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Ben oui, chez moi, ça a comme un effet cathartique de me plonger dans les ambiances apocalyptiques, épidémiques ou que sais-je d'autre. Je sais pas, ça ne m'angoisse pas plus que la réalité elle même, voire même ça met une distance. En quelque sorte.
Peut-être aussi que ça me permet de réfléchir plus posément à la situation, comprendre et réfléchir à ce qui pourrait advenir.
Merci du compliment :)
Si tu le lis et que tu détestes, t'auras qu'à me coller un gage (littéraire) :p

Écrit par : ite | 02/10/2020

Pas mon genre, je n'essaierai pas de le lire, mais les extraits que tu as choisis sont particulièrement savoureux...

Écrit par : Alys | 03/10/2020

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Ah dommage mais c'est le jeu hein. On a tous des genres de prédilection :)
(Je viens de m'acheter la suite deblon côté

Écrit par : ite | 04/10/2020

Je l'ai dans ma PAL, il faudrait que je l'en sorte !

Écrit par : Zina | 05/10/2020

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Bon, c'est peut-être une question d'humeur, envie du moment. En tout cas, ce genre de lectures m'emportent et c'est ce dont j'ai besoin dernièrement :)

Écrit par : itenerasa | 17/10/2020

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