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21/10/2012

Accabadora - Michela Murgia

Accabadora,Michela Murgiu,celle qui donne la vie,celle qui la reprend,us et coutumes sardes,sa femina sardaOmertà sarde

Accabadora nous emmène dans un voyage en terre sarde, dans un lieu où les rituels ancestraux présents dans les villages reculés de Sardaigne ont encore court après-guerre. Tzia Bonaria Urrai, veuve d'un homme qu'elle n'a pas eu le temps d'épouser, sans enfant, recueille en son sein Maria, la petite dernière d'Anna Teresa Listru, une autre veuve à la vie misérable. Un sommaire arrangement entre les deux femmes et la petite fille âgée de 6 ans, jusque-là simple numéro 4, se voit confiée à cette femme vieillie avant l'âge. Sans regrets, elle devient ce qu'on appelle communément en sarde Fill'è anima (fille d'adoption). L'enfant va ainsi grandir dans un cadre privilégié et avoir accès à ce qui n'aurait pu être possible dans sa famille de sang (aisance et éducation scolaire). Une nuit on vient chercher Tzia Bonaria, l'enfant assiste intriguée aux sorties nocturnes de sa mère d'adoption, curieuse, elle pose des questions. Questions auxquelles elle n'obtiendra aucune réponse... Il lui faudra attendre d'avoir grandi et une révélation tragique, celle de son ami d'enfance Andria pour comprendre que Tzia Bonaria est l'accabadora du village.

Michela Murgia aborde dans son roman des thèmes complexes mais jamais simplifiés :

Fill'è anima : un des thèmes forts qu'aborde l'auteure dans son roman est celui des relations filiales au-delà du sang. Un thème qui lui est cher en tant qu'enfant adoptée elle-même. Son roman s'ouvre d'ailleurs sur cette dédicace "A ma mère. Toutes les deux."

A travers la relation entre Tzia Bonaria et Maria Listru, Michela Murgia nous donne à voir ce rapport particulier qui se tisse entre mère et fille adoptive. Une relation pudique où l'une et l'autre s'apprivoisent en douceur. Comment prendre sa place dans cette relation en gardant à l'esprit que la vraie mère ne pourra jamais totalement être remplacée malgré l'attachement. Parce qu'il y aura aussi toujours des gens étrangers à ces coutumes sardes qui ne comprennent pas et doutent du bien fondé de telles pratiques. Alors, Bonaria avec toute sa sagesse saura faire taire par un simple constat logique, sans appel les incompréhensions des uns et des autres :

"Cette histoire d'enfant d'âme est bizarre...

-Et pourquoi donc? interrogea Bonaria d'une voix blanche.

-Maria ne semble pas en avoir souffert le moins du monde. Voit-elle souvent sa famille d'origine?

- Oui, chaque fois qu'elle le demande. Pourquoi aurait-elle dû en souffrir?

Luciana Tellini livra une réponse dans un souffle, comme si elle l'avait remâchée en attendant que la vieille femme se présentât au rendez-vous :

Je ne sais pas. Une chose m'étonne. Quand je demande à Maria de faire le portrait de ses parents, c'est vous qu'elle dessine, non sa vraie mère..." [...]

"A propos des dessins de Maria... Que voulez-vous dire exactement quand vous affirmez qu'elle devrait faire le portrait de sa vraie mère?"

L'institutrice fut stupéfaite par le regard, plus que par les paroles, de la vieille couturière. "Ne vous méprenez pas, je pensais à sa mère naturelle, je ne voulais certes pas déprécier votre relation...

-La mère naturelle de Maria est celle qu'elle dessine quand on lui demande de faire le portrait de sa mère."

Tzia Bonaria fera en sorte que Maria n'oublie pas d'où elle vient malgré cette mère qui a si peu de considérations pour elle. Elle, la couturière sera l'accompagnatrice, celle qui guidera et qui mieux que la mère naturelle aimera et protègera. Telle une bonne fée, elle permettra à cette enfant de se sortir d'une condition miséreuse et d'accéder au savoir. Leur relation mère-fille va se construire dans le silence, celui des nuits où Tzia Bonaria veille l'enfant, celui d'un regard protecteur posé sur Maria partant à l'école. Mais aussi par la parole servie avec sagesse, jamais inutile, prononcée avec force image, s'appuyant sur le bon sens, et toujours avec tendresse. Michela Murgia écrit le respect et l'amour qui découlent de ce lien particulier plus fort que le lien du sang, tout en retenu pourtant. Elle dit aussi, attention aux secrets de "famille", aux non-dits qui peuvent un beau jour être révélés et faire mal, très mal à cette relation filiale de remplacement. La confiance n'est pas un acquis.

S'accabadora : à mots couverts, entre mythe et réalité, la dernière mère "s'accabadora", est une ombre noire dans la nuit qui vient apporter la délivrance aux personnes en fin de vie. Entendez par là, libérer les âmes d'un corps en souffrance. Le terme n'est pas traduit dans le roman, comme un fait exprès, comme pour laisser à chacun le temps de se faire à l'idée de ce qu'il signifie, comme une approche pudique de ce rôle. Regard empli de respect, voir teinté d'un peu de crainte pour cette femme qui assume cette lourde tâche dans le secret des siens. Celle par qui la fin arrive est une figure noble et silencieuse dans sa communauté. On s'efface devant elle. Nul mot, elle oeuvre de manière entendue, en catimini, non que ses actes soient honteux ou répréhensibles dans cette culture mais parce que le passage de vie à trépas n'a pas besoin de publicité, il est exécuté comme un acte de piété. S'accabadora oeuvre pour le bien de la communauté, de manière tacite, en marge de l'église, bien mieux et bien plus reconnue que cette dernière par ailleurs à qui il reste à peine un rôle d'absolution.

Quelle est la part du vrai, celle du conte? Dans ces villages reculés de Sardaigne où parfois il n'y avait pas de médecins, une femme remplissait à la fois le rôle de celle qui faisait venir au monde (allevatrice) et de celle qui aidait à le quitter (s'accabadora) :

"Quand elle avait demandé grâce, les autres femmes avaient obtempéré avec un naturel face auquel l'inertie eût passée pour un acte illicite. Elles n'avaient pas fourni d'explication à Bonaria, laquelle n'en avait toutefois pas besoin pour comprendre que c'était en vertu d'une même logique qu'elles avaient mis fin à la souffrance de la mère et coupé le cordon ombilical du bébé. Dans cette première et amère école de l'expérience, la fille de Taniei Urrai apprit la loi tacite qui veut que seules soient maudites les morts et les naissances solitaires."

(Si vous souhaitez en savoir plus sur l'accabadora, je vous invite à visiter cette page du blog "souvenirs de la Sardaigne").

Personnellement, je me souviens enfant lors de mes vacances estivales en Sardaigne avoir toujours été intriguée (voire inquiétée) par ses femmes âgées, toutes de noir vêtues rencontrées à la tombée de la nuit ou au petit matin et qui me jetaient un regard perçant, me demandant en langue sarde la fille de qui j'étais. Je me souviens de ces paroles sardes échangées dont je ne comprenais pas le sens caché. Je me souviens aussi d'un jour où l'on m'avait emmenée voir cette vieille femme paralysée dans son lit, de cette ambiance solennelle, des bougies, des prières. Etait-ce le prélude à ses derniers instants de vie? Toutes ces femmes en noir m'effrayaient mais j'étais aussi comme Maria curieuse de savoir quels secrets se cachaient derrière les portes qui se fermaient, quand on me disait "tu es trop petite, tu n'as pas le droit de voir ça". Je me souviens aussi les petites chaises posées sur le pas des portes, les anciennes qui se réunissaient et contaient dans cette langue magique et âpre des histoires à vous glacer le sang mais que je redemandais pourtant encore et encore. Je me souviens de ma mère conteuse à sa manière qui aimait à me raconter son enfance, son adolescence, les histoires de son village qui me paraissaient tout droit sorties d'un livre de contes. J'ai souri avec nostalgie en retrouvant dans ce roman ce petit jeu auquel Maria joue avec Anna Gloria et que j'ai vu ma mère pratiquer souvent pour amuser les petits :

"custu est su procu, custu dd'at mottu, custu dd'at cottu, custu si dd'at pappau et custu... mischineddu! No ndi nd'est abbarau!"

Leçon d'humilité? A l'aube des révélations, dans l'affrontement verbale entre la jeune femme qu'est devenue Maria et Bonaria qui n'est plus non plus la mère d'adoption mais s'accabadora, je me suis demandée ce qu'il me fallait retenir arrivée à ce point de l'histoire. Probablement ceci : ne pas trop s'empresser de juger les décisions et actions de chacun parce que la vie parfois nous amène à faire des choix que nous n'aurions jamais cru avoir à faire...

"Ne dis pas : fontaine, je ne boirai pas de ton eau. Tu pourrais te retrouver plongée à l'intérieur sans même savoir comment tu y es arrivée. [...] Quand le moment viendra, Maria, tu découvriras en toi des aspects insoupçonnés."

 

Michela Murgia est issue de cette terre sarde à la tradition orale bien ancrée, de cette Sardaigne qu'elle nomme "île des histoires". C'est une conteuse écrivain qui détient la magie des mots et qui nous les livre avec pudeur et fierté.


Cette lecture s'inscrit dans une LC avec Ingrid et Clédesol. Retrouvez leurs chroniques
ici et . Merci les filles pour ce partage!

11/10/2012

Harry Potter à l'Ecole des Sorciers - J.K. Rowling

HPéds_JKRowling.jpgMiroir mon beau miroir

"Harry Potter se retourna sous ses couvertures sans se réveiller. Sa petite main se referma sur la lettre posée à côté de lui et il continua de dormir sans savoir qu'il était un être exceptionnel, sans savoir qu'il était déjà célèbre, sans savoir non plus que dans quelques heures, il serait réveillé par le cri de Mrs Dursley qui ouvrirait la porte pour sortir les bouteilles de lait et que pendant des semaines, il serait piqué et pincé par son cousin Dudley... Il ne savait pas davantage qu'en ce moment même, des gens s'étaient rassemblés en secret dans tout le pays et qu'ils levaient leur verre en murmurant : « À la santé de Harry Potter. Le survivant !"

Alors que dans tout le pays des sorciers célèbrent la fin de Voldemort, au 4 Privet Drive, un bébé de 15 mois est déposé devant la porte des Dursley. L'enfant se nomme Harry Potter, unique survivant au massacre de sa famille par Voldemort Vous-savez-qui. Dix ans plus tard, Harry qui ignore tout de son histoire et du véritable motif du décès de ses parents reçoit un courrier qui l'invite à rejoindre l'Ecole des sorciers de Poudlard. Dans l'incompréhension la plus totale, Harry va faire connaissance avec ce qu'il est, le monde dont ses parents étaient issus et sa propre destinée. Le mystère de ses origines une fois levé, Harry pourra-t-il assumer son statut de héros qui ne se connaît pas? Aura-t-il à coeur de relever le défi qui l'attend ou préférera-t-il rester à la place d'enfant-rien que sa famille adoptive veut lui imposer?

Harry Potter à l'Ecole des Sorciers est le 1er roman de la saga HP qui comprend 7 tomes. Ce premier livre qui pose les bases de l'histoire met en scène Harry Potter et un certain nombre des figures emblématiques de la septologie. En tant que roman initiatique, il nous livre les premiers pas d'abord timides puis de plus en plus assurés d'Harry Potter dans le monde des sorciers. Il scelle aussi la formidable amitié qui va le lier à Ron Wesley et Hermione Granger. Par ailleurs, nous sentons déjà dans ce tome, l'image bienveillante de Dumbledore, directeur de Poudlard et de Rubeus Hagrid, gardien des clés de Poudlard ; alors qu'à l'opposé, les figures sombres et "malveillantes" du professeur Rogue et de Drago Malefoy ne peuvent nous laisser sans réactions et autres interrogations. Un certain nombre d'autres personnages clés et hauts en couleurs vont ici faire leurs premières apparitions, la famille Dursley, la famille Weasley, le professeur McConagall, Neville Londubat, etc... Bien entendu, la menace Voldemort est dès ce 1er opus omniprésente et ne fera que gagner en ampleur.

J.K. Rowling a concocté dans ce premier tome tous les éléments nécessaires au succès d'Harry Potter. Des milliers de lecteurs, d'enfants, d'adolescents et d'adultes doivent aujourd'hui la remercier d'avoir tirer de son imagination une si belle histoire. Une histoire qui nous plonge dans un monde magique, un monde de sorciers où l'envie nous prend au fil des pages d'appartenir à ce monde et de participer à cette aventure. Les personnages sont truculents, burlesques, affreux, drôles, attachants, agaçants, effrayants mais jamais totalement noir ou blanc. Le cadre de l'école de Poudlard est une peinture à la fois belle et mystérieuse et l'envie d'y mettre les pieds et de le découvrir ne cesse de titiller. Le style est plaisant, fluide, imagée. J.K. Rowling a le sens du détail et ce qu'elle nous donne à lire, on l'imagine, on le voit. A tel point que l'immersion est totale. Enfin, elle a été totale pour moi. Certes, mes premiers pas avec Harry Potter je les ai fait par l'image avec l'adaptation cinématographique mais en rien cela ne m'a empêchée d'en apprécier la lecture. Ce 1er tome est assez "enfantin" mais l'enfant qui sommeille en moi n'est jamais bien loin :)

L'addiction à Harry Potter commence ici avec ce 1er tome. Et même si on est adulte, il est difficile de ne pas avoir les yeux qui brillent en se plongeant dans cette histoire de magie et de sorciers. Il est difficile de ne pas jouer le jeu et de ne pas s'imaginer soi-même en sorcier avec la baguette, la robe de sorcier et tout le tralala et surtout, surtout il est difficile de ne pas se rassembler autour de ce petit bonhomme.

 

Merci à clédesol et Ingrid, mes partenaires de cette LC officieuse ^^ Je vous laisse découvrir leurs avis respectifs ici et ici :)

22/09/2012

Fahrenheit 451 - Ray Bradbury

lecture commune,partage livresque entre livraddictiens,échanger autour d'un livre c'est chouette!Un livre et je m'enflamme!

Fahrenheit 451 est ma 1ère LC (lecture commune) Livraddict, Felina en est l'organisatrice. Grand bien lui en a pris car j'ai vraiment apprécié cette lecture et l'échange qui en a découlé, en découle, en découlera?

Guy Montag est un pompier d'une nouvelle ère "aseptisée" par le feu, où tout ce qui n'est pas de l'ordre d'un plaisir abrutissant et dénué de sens a fini par être interdit : lire, marcher, regarder autour de soi, se poser, admirer, humer, discuter avec profondeur.
Ainsi, avec son équipe, la brigade451 comme je l'appelle, il met avec fanatisme le feu aux livres, aux maisons qui les cachent et à leurs propriétaires pour peu qu'ils soient récalcitrants. Jusqu'au soir où il rencontre la jeune Clarisse qui fait fi des interdits, qui vit et ressent les choses, qui s'interroge, qui se laisse interpeller par ce qu'elle voit, sent et qui l'interpelle lui, sans peur, presque avec défi (oui lui le représentant omnipotent de cet ordre nouveau). Elle le regarde droit dans les yeux, lui donne existence et ravive en lui la conscience des choses.
Cette rencontre dans un monde si impersonnel va bouleverser notre homme.

Parenthèse interprétation : Clarisse c'est Eve, Montag c'est Adam, le livre c'est la pomme et si elle, Clarisse, ne lui tend pas le fruit défendu, elle éveillera toutefois en Montag suffisamment d'intérêt pour cette connaissance qui représente tout ce qui, veut-on nous faire croire, peut mener l'Homme/l'homme à sa perte et causer son malheur. Elle lui donnera en tout cas le courage d'aller au bout de ce que ses mains avaient commencé à cacher à son insu...

Comment ne pas aimer ce roman d'anticipation? J'ai lu ici et là qu'on parle de dystopie pour le qualifier (bon shame on me, avant de débarquer sur Livraddict, je ne connaissais même pas ce mot...). Moi je le définirais par roman "avant gardiste" (parce que ce terme au moins il me parle).
Cette critique faite par Bradbury et datant des années 50 d'une société futuriste "décérébrée" est "intemporelle", tristement toujours autant d'actualités.

Comment ne pas réagir à ce qui est "dénoncé"/"annoncé" ? l'abrutissement des masses par les médias et autres "reality shows" ; l'isolement ou les faux rapports dans lequel quelque part peuvent nous plonger les réseaux sociaux sur le web ; les autodafés de livres dans des pays totalitaires qui refusent au peuple le droit à la réflexion, à la remise en question, à la discussion, à la connaissance ; où n'est donnée pour vérité que ce qui est distillé par le pouvoir lui seul (un pouvoir qui vise à tout contrôler par la violence, la menace, le "rebattage" d'oreilles).
Que dire de cette peinture de société où la considération pour l'être humain est réduite à néant?
La violence gratuite en bande organisée. "Oh ben tiens, ce soir je m'ennuie, je sors avec mes potes et je tue le 1er pelot que je croise en chemin"... Cela vous paraît trop gros? Pourtant ça arrive régulièrement aujourd'hui... La délation entre voisins, ça n'évoque pour vous que la chasse aux sorcières aux US ou ce qui se passait en Europe pendant la guerre 39/45? Pourtant ça a court de nos jours et c'est parfois même encouragé... Les chasses à l'homme télévisées où l'on prend à témoin la population, du délire? Non, non ça existe bien...
Ah! Je m'enflamme, je m'enflamme!!! Ce livre touche quelque chose en moi, éveille une conscience, "allume la flamme" (comme le dit Chambon dans sa préface) et ça gronde à l'intérieur :p

Bradbury évoque surtout dans son roman la mise à mort du papier, du livre... il a ouvert là un débat sur la crise du roman qui, sur fond de crise culturelle, a secouée l'Amérique dans les années 60. En tant qu'écrivain nul doute que ce débat dont son livre se faisait l'écho par anticipation lui tenait à coeur et qu'il a cherché à ouvrir les yeux de ses contemporains sur ce qu'il pressentait de dangereux dans les nouveaux loisirs, les nouvelles technologies.

Si le coeur vous en dit, allez lire cet article de Bertrand Gervais sur la mort du roman sur lequel je suis tombée en faisant une vague recherche sur la mort du livre, je l'ai trouvé très intéressant et très proche des réflexions qu'amènent Fahrenheit 451. En voici une citation : "Le livre ne sera peut-être plus jamais le même, mais la culture dont il est l'expression continuera sa route."

Bien, outre le thème abordé j'ai aussi aimé le style imagé, métaphorique de Fahrenheit 451. Que ce ne soit pas une écriture (science)fiction pure et dure dont je ne suis pas spécialement "adepte" m'aura sûrement permis de rentrer plus intensément dans la réflexion. Je trouve ce roman tout à fait contemporain. Finalement, je me rends compte que j'aime de plus en plus ces livres où le "héros" pense plus qu'il ne parle (agit plus qu'il ne dit).


Si vous avez vu le film "Equilibrium" (avec Christian Bale) vous ne manquerez pas de faire le rapprochement avec Fahrenheit 451. Et encore une fois, c'est de la femme que partira la révolte... (vive nous! :p)

Voici un parmi tous les passages que j'ai aimé :
"Debout à côté de Montag, Granger regardait dans la même direction. "Chacun doit laisser quelque chose derrière soi à sa mort, disait mon grand-père. Un enfant, un livre, un tableau, une maison, un mur que l'on a construit ou une paire de chaussures que l'on s'est fabriquée. Ou un jardin que l'on a aménagé. Quelque chose que la main a touché d'une façon ou d'une autre pour que l'âme est un endroit où aller après la mort ; comme ça, quand les gens regardent l'arbre ou la fleur que vous avez plantés, vous êtes là. Peu importe ce que tu fais, disait-il, tant que tu changes une chose en une autre, différente de ce qu'elle était avant que tu la touches, une chose qui te ressemble une fois que tu en as fini avec elle. La différence entre l'homme qui ne fait que tondre le gazon et un vrai jardinier réside dans le toucher disait-il. L'homme qui tond pourrait tout aussi bien n'avoir jamais existé ; le jardinier, lui, existera toute sa vie dans son oeuvre.""

Pour encore plus d'avis/d'échanges voici les autres articles des participants de la LC :

Lizouzou

BeL

Soundandfury

Felina

Lecturesetcie

Ramettes

StupidGrin

Livrons-nous

Choulie

Dex

Kyeira

J.a.e_lou

Piplo

Mack

Nelly17

 

Felina, merci encore pour cette invitation à relire ce Grand classique de la SF.