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20/03/2019

Les feuilles mortes - Thomas H. Cook

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Un homme croit que son bonheur est acquis, professionnellement tout roule, comme dans sa vie privée.
Et puis un matin il se réveille et l'enfer lui ouvre ses portes.
Une petite fille disparaît, son baby-sitter, un adolescent est suspecté.
Le doute fait son chemin lent et ravageur dans la tête d'un père.
Coupable, non coupable?...


Thomas H. Cook signe avec Les feuilles mortes un thriller psychologique hyper efficace. En se plaçant non du point de vue des parents d'Amy (la gosse disparue) ou des enquêteurs, mais de la famille du principal suspect, et notamment du père, il conduit le lecteur à cheminer dans sa tête, à faire face à ses interrogations, doutes, remises en question.

 

C'est une histoire qui m'a rappelé Le bon père de Noah Hawley, sauf qu'ici le père est face à un adolescent dont sa vision est toute différente, moins angélique, moins certaine de son innocence, moins certaine aussi de son amour inconditionnel, de son amour tout court.

 

Ce n'est pas qu'Eric Moore n'est pas prêt à défendre son gamin bec et ongles contre la terre entière, mais ce dernier ne lui facilite pas la tâche. Keith est du genre mutique, sombre, solitaire, loin du fils parfait. Pire, il est indolent, ne semble pas réagir "comme il se doit" à la disparition d'Amy et aux accusations portées contre lui.
Et ce qui fait naître le doute dans l'esprit d'Eric Moore, c'est que son fils ment. Malgré les sollicitations du père, malgré ses efforts pour communiquer, le fils refuse de s'ouvrir et ment. Eric a vu quelque chose la nuit de la disparition et Keith fait le silence sur ce fait. Pourquoi? Est-ce que cela pourrait l'incriminer plus encore? Y avait-il quelqu'un d'autre, un complice? Pourrait-ce être le vrai coupable?

 

Sur cet élément, le doute est semé. Place à la suspicion. Une suspicion contre laquelle il faut lutter parce que quand même on est d'abord un père. Mais un père doit-il sacrifier une gamine sur l'autel de l'amour filial? Place à la culpabilité, au sentiment de trahison que le gamin questionné, requestionné lui renvoie à la gueule : "toi mon père, tu me crois coupable."

 

Le lecteur accompagne ce père dans une torture psychologique de tous les instants. Le doute ronge son cœur de père, mais il ronge aussi son cœur d'époux. La cellule familiale et son bel équilibre implose sous les coups de burin de l'incertitude, des soupçons. La défiance bat son plein à tous les étages.
Question lancinante, usante : "est-ce que l'on connaît jamais réellement bien l'autre?"
Une vraie descente aux enfers.

 

La tension du roman se trouve-là, dans la lutte intérieure qui agite Eric Moore. Une lutte qui va chercher plus loin que dans le présent une explication. Parce que le père, à la recherche de réponses quant à une possible "tare familiale" que porterait en lui son fils, a besoin de fouiller son passé. Et celui-ci se révèle lourd de drames, de violences, de zones d'ombre.

 

J'ai trouvé que c'était assez finement mené de faire jouer et communiquer ensemble les éléments du présent et du passé. Lier une chose à l'autre, faire naître d'autres interrogations, faire évoluer aussi le raisonnement du père, le conduire enfin à de troublantes et terribles conclusions. La narration s'en est trouvée enrichie et encore plus captivante.

 

Dans le cheminement du père, c'est la recherche de vérité qui prime avant tout. Et c'est une obsession de chaque instant.
Si tout porte à croire à la culpabilité de Keith, pour autant, cela ne signifie pas qu'Eric Moore -et le lecteur avec lui- ont abandonné l'idée que la disparition d'Amy puisse être le fait de quelqu'un d'autre.
Le suspens c'est aussi ça, sentir que le gamin fait un trop bon coupable et que le vrai, lui, rôde pas loin. En tout cas, il est déculpabilisant d'y croire. Ainsi, le lecteur, à l'instar du père, porte en lui au fil des pages ce contre-poids salvateur au doute premier.

 

J'en ai assez dit et choisis de ne pas m'étendre sur les autres personnages, je vous laisse voir de quelle manière ils apportent à leur tour une pierre à l'édifice du doute (ou pas).

 

Je tairai aussi la fin, je dirai juste qu'elle est bouleversante, à la hauteur du reste.

 

Les feuilles mortes (Red leaves) est un bon thriller psychologique, un roman noir introspectif qui parle de culpabilité, de doute, de la famille, de l'amour filial.

 

"Je sais aujourd'hui qu'une partie de notre vie repose sur le déni, que pour aimer nos proches, nous nous cachons certaines choses que nous choisissons de ne pas voir."

 

"Qu'est-ce que l'amour filial sinon aimer des gens que l'on n'aimerait pas ?"

 

"Je sais aujourd'hui qu'une partie de notre vie repose sur le déni, que pour aimer nos proches, nous nous cachons certaines choses que nous choisissons de ne pas voir."

 

"Le soupçon est un acide. Il ronge tout ce qu'il touche. Il s'attaque à la surface des choses en y laissant une marque indélébile... Il détruit la confiance niveau par niveau. Et creuse toujours plus profond."

 

"Les photos de famille mentent."

 

Besoin d'autres avis? Ingrid, Plumisa

 

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Commentaires

Merci pour ce regard sur ce livre, que je ne lirai sans doute jamais mais ça rend ta chronique d'autant plus intéressante ^^

Écrit par : Tigger Lilly | 20/03/2019

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Et bien juste merci de t'y être intéressée et de l'avoir lue et commentée. ;)

Écrit par : itenarasa | 20/03/2019

Me voilà tentée par ce thriller psychologique.

Écrit par : Alex-Mot-à-Mots | 21/03/2019

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mmh Alex, il me semblait avoir vu sur LA que tu l'avais déjà lu... Peut-être me suis je trompée ^^ Dans ce cas, je te le recommande chaudement.

Écrit par : itenarasa | 06/04/2019

Ce nom d'auteur me dit quelque chose.
Probable que je ne me jette pas sur ce roman mais tu parviens (presque) à me donner envie.

Écrit par : Nicolas | 22/03/2019

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Un auteur de thriller reconnu et avec pas mal de production. Peut-être as-tu déjà croisé un de ses titres? Cela ne m'étonnerait pas que tu en ais entendu parler via LA aussi.

De mon côté, j'irai à nouveau vers lui avec confiance et envie pour me dégotter un titre efficace à lire dans le genre.

Écrit par : itenarasa | 06/04/2019

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