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21/02/2015

L'étrange disparition d'Esme Lennox - Maggie O'Farrell

L'étrange disparition d'Esme Lennox, Maggie O'Farell,internement abusif,société de...biiip,drame,faisait pas bon être différente et intelligente et anti-conformiste quand on était une femme avant, c'est mieux maintenant? ça dépend où heinCommitment

L'asile de Cauldstone ferme ses portes. On cherche à joindre la famille de certains patients internés là depuis des lustres. Iris, jeune femme indépendante et de caractère, reçoit donc un appel pour le moins étrange où on l'invite à prendre en charge le transfert vers une maison de retraite d'une certaine Euphémia Lennox. Perplexe parce que n'ayant jamais eu vent de cette parente, Iris rejette la demande. Mais la curiosité est plus forte que tout et elle ne peut se résoudre à fermer la porte mentale qui s'est ouverte. Elle se rend donc à Cauldstone et rencontre Euphémia, une dame âgée, digne, sœur cachée de sa grand mère et oubliée de tous. Interpellée par cette femme qui l'implore de ne pas l'abandonner, qui ne lui paraît ni folle, ni dangereuse, Iris décide de la prendre en charge. Ce que cette rencontre va lui révéler a de quoi bouleverser son histoire familiale.

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21/01/2013

Solanin T1&2 - Inio Asano

Solanin1&2_Inio Asano.jpgおもいたったがきちじつ

Inoue Meiko et Taneda Naruo vivent en couple dans un petit appartement. Ils se sont rencontrés il y a 6 ans à la fac, coup de foudre, ne se sont jamais quittés depuis. Ils sont maintenant de jeunes actifs, elle, est office lady (secrétaire) et lui, illustrateur à titre occasionnel pour un magazine et, à ses heures perdues, il retrouve ses amis de fac avec qui il avait monté un groupe de musique amateur. Inoue traverse une crise "existentielle", blasée de tout, en proie aux doutes la jeune femme redoute l'avenir et cette vie d'adulte "métro, boulot, dodo" qui la happe jour après jour et dans laquelle elle se sent prisonnière. Alors, elle plaque son boulot et va inciter son petit ami à s'investir dans son groupe pour le sortir de l'ombre...
Qui sait quelles conséquences découleront de ces choix
...

Solanin, c'est l'histoire d'une jeunesse paumée, cette jeunesse japonaise qui se cherche, qui s'ennuie, qui vivote de petits boulots en attendant de trouver une vraie opportunité de carrière mais qui en même temps, rêve d'autre chose. Rêve de liberté, rêve de ne pas grandir, de prolonger encore un peu l'insouciance des années facs où chacun croyait encore que son avenir correspondrait à ses rêves. Mais la réalité est autre. La réalité c'est qu'il faut manger, payer un loyer alors on accepte un boulot mal payé, qui ne nous plaît pas, où on est exploité... jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus et qu'on plaque tout pour se laisser vivre encore un peu avant de comprendre qu'il faut avancer et accepter de grandir et s'investir dans quelque chose.
Cette jeunesse elle est incarnée par Inoue, Taneda et leurs amis Crack, Katô et sa petite amie. Des personnages attachants, réalistes dans lesquels tout jeune lecteur qui se trouve
con
fronté aux affres du passage de l'adolescence à l'âge adulte, du monde étudiant au monde du travail se reconnaîtra sans doute. Et peut-être même ceux aussi qui rêvent à n'importe quel âge de quitter leur travail actuel pour faire ce qu'ils ont toujours voulu faire. C'est aussi et surtout une histoire d'amour emprunte d'émotions.


Inio Asano dessine des personnages réalistes. Son trait de crayon est précis et pudique à la fois. Il nous livre aussi des planches détaillées, la ville, les paysages sont comme photographiés. Je ne connais pas beaucoup les mangas (bien que j'ai vu un certain nombre d'anime) mais j'ai le sentiment que Inio Asano se détache un peu du manga classique. Ce qu'il donne à voir, ce qu'il raconte à travers un pan de vie de cette jeunesse, c'est une peinture de la réalité brute telle que la vivent les jeunes d'hier et d'aujourd'hui. C'est intemporel ces questionnements qui nous taraudent au sortir de l'adolescence, au cours de ce passage à l'âge adulte et au moment de l'entrée dans la vie active : Que vais-je faire, que veux-je faire de ma vie, serai-je en mesure de vivre mes rêves ou faut-il y renoncer? Faut-il comme Taneda vivre un échec, comme Inoue un drame pour comprendre ce qui importe vraiment et rebondir?

"J'ai été attirée par l'idée que ce qui compte c'est d'être libre mais finalement si le mal c'était la liberté elle-même? Et merde... C'est compliqué la vie."

"Il m'arrive de penser que je n'apporte aucune contribution à la société... Je me sens comme une morte qui n'existerait plus. Et ça m'effraie... Il y a des soirs comme ça... C'est bizarre quand même... J'ai quitté mon travail parce que j'avais l'impression d'être devenue une zombie..."

"Aujourd'hui, j'ai joué de la guitare et j'ai chanté. Peut-être à cause des battements de mon coeur... Je n'entendais aucun son, ma voix a déraillé plusieurs fois... J'ai sûrement joué n'importe comment mais... la dernière chanson... "Solanin", je l'ai bien chantée et j'ai l'ai jouée sans faute."

Solanin est un manga que j'ai pris plaisir à lire, une histoire et un thème probablement vu et revu mais à qui les planches d'Inio Asano savent donner une belle dimension.

Solanin_planches.jpg

Si ce manga vous a plu, sachez qu'il en existe une adaptation en film datant de 2010 :

11/11/2012

Le vrai est au coffre - Denis Lachaud

le vrai est au coffre,Lachaud,Tom et Véronique,le vrai du faux,transidentité,drame,toi+moi=nous?Ni une ni deux...

Tom, 5 ans, déménage à la Cité des Fleurs, une cité pour cheminots en banlieue parisienne. Il s'épanouit entre ses parents, sa grande soeur Hélène, et Véronique avec qui il joue à la poupée. Il fait aussi la connaissance de Miguel le grutier avec qui il va nouer une grande amitié. Avec l'entrée en primaire, viennent les premiers troubles relationnels, les premières angoisses. Tom est marginalisé aux yeux des autres garçons, insulté, il met alors en place des stratégies d'évitement. Mais lorsqu'il part en classe de neige, plus moyen pour lui d'éviter ses camarades les plus virulents à son encontre. Un accident, Tom disparaît laissant seule Véronique évoluer. Adieu l'enfance, le temps des poupées est terminé. Place au dépassement de soi dans le sport où d'autres liens se tissent, où le verrou est un temps mis sur la colère et le désir de vengeance jusqu'à ce moment où froidement la mort sera donnée et où une nouvelle voie sera prise.

« - C'est quoi ton vrai nom en entier ? - Thomas Fabre. C'est mon vrai nom en entier mais c'est pas moi. Je veux que tu m'appelles Tom. Mes parents m'appellent Toto mais c'est pas moi non plus.

- Pourquoi tu leur dis pas ?

- J'ose pas leur dire. Ils croient que Toto c'est moi alors tant pis. C'est pas grave. »

Avec Le vrai est au coffre, on croit entrer dans une histoire anodine, celle d'un petit garçon de 5 ans heureux de vivre, jouant à la poupée avec sa petite voisine, déambulant entre les voies ferrées de sa cité, s'ouvrant à un nouveau monde. Puis, petit à petit, on sombre dans des méandres qui nous perdent entre imaginaire et réalité. L'histoire se complexifie. Le petit Tom semble porter en lui le poids d'une différence identitaire qui lui vaut le rejet de ses camarades.

« J'avais commis une erreur à un certain moment, j'en étais persuadé. Pourtant, j'avais beau chercher dans ma mémoire l'occasion qui avait pu me mettre en porte-à-faux avec les garçons de la Cité des Fleurs, je ne voyais pas. Encore moins avais-je le pouvoir de remonter le temps pour corriger cette erreur. Il fallait éviter le plus possible de provoquer leur hargne car chaque nouvelle agression verbale effaçait un peu plus les contours encore mal dessinés de ma personne. »

On est passé des jeux insouciants au drame, de la douceur à la violence sans savoir toujours avec certitude dénouer le vrai du faux. On croit soudain avoir tout compris et pourtant la conviction n'est jamais vraiment au rendez-vous. Véronique est là d'abord en arrière plan puis les choses basculent et c'est Tom qui s'efface pour lui laisser toute la place.

« - Tom, Je vais arrêter de te parler. A haute voix en tout cas. Ça fait quinze ans maintenant, on me prend pour une folle quand il m'arrive de t'apostropher. Tu es un petit garçon pour toujours et je ne suis plus une petite fille. Je n'ai pas la moindre idée de l'homme que tu serais en train de devenir. »

C'est peut-être un fait-exprès que Denis Lachaud est situé son action au pied d'une voie ferrée. Parce que dans ce livre le moins que l'on puisse dire c'est que nous avons le choix entre plusieurs chemins et, tout le talent de l'auteur est là, nous laisser choisir quelle voie nous allons emprunter pour donner sens à cette histoire. Certes différents indices sont semés ici ou là qui d'un seul coup viennent confirmer ou infirmer notre vision de l'histoire mais jamais l'auteur ne nous impose une direction... On se croit souvent remis sur les bonnes rails de la compréhension mais une fois la dernière page tournée on n'est pas tout à fait sûrs d'être arrivés en gare...

Le vrai est au coffre c'est comme un voyage sans fin où longtemps après on continue de se demander si on en a vraiment compris le sens et c'est surtout un roman qui amène une réflexion profonde sur la transidentité.

J'ai aimé le rythme, le questionnement permanent, j'ai souvent cédé à la confusion, aux doutes mais je n'ai pas lâché prise. Je crois avoir effectivement compris de quoi il était question, avoir cerné l'histoire mais le Vrai est probablement toujours enfermé dans le coffre de Lachaud. Ce qui compte pourtant, c'est probablement ce que moi je vais faire de cette part de vérité entr'aperçue ^^